un cuisinier hors norme

Publié le par La Vie Nature

                                

Rencontre avec un cuisinier hors norme

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Voyageur et double ceinture noire créateur des nouvelles cuisines,  Thierry Marx est aussi un amoureux de la nature et un grand voyageur. Chaque année, il passe trois mois dans les régions les plus reculées, surtout en Asie, pour s’initier aux modes alimentaires des cultures les plus anciennes. Il organise des manifestations “toute la ville cuisine” où en association avec des musiciens, des jongleurs et des comédiens, Thierry Marx et ses amis proposent au public des plats de “cuisine de rue”, simples et équilibrés, originaires d’Asie, du Moyen Orient et d’Europe.

Il organise  cette «rencontre des pains», où des familles de toutes les nationalités présentes dans sa région furent invitées à montrer comment on faisait du pain chez elles. ”Ah, mais il est bon, votre pain!”

Celui des Maghrébins était à base de semoule. Les ménagères françaises étaient tout ouie: ”Ah, vous le faites avec de la semoule?” Les autres: ”Oui, il faut que vous veniez voir ça à la maison”.


 



"A partir de là ils ont commencé à se comprendre et à accepter
les enfants des autres

 

Après un parcours difficile, Thierry s’est retrouvé Casque bleu au Liban. Une situation terrible. Mais il admet qu’elle l’a définitivement transformé en citoyen du monde. En cuisinier du monde. ” J’ai vécu dans le centre de Beyrouth en plein bombardement, et là, dans le chaos général, des types vendaient des falafels. Eh bien, vous aviez des voitures de toutes les communautés en guerre les uns contre les autres - les  Phalanges, l’armée prosyrienne, Tsahal, les Palestiniens… qui, pour s’approvisionner, observaient une trêve tacite. Tout le monde savait que l’on pouvait se fournir là.

 


Le fait de nourrir les gens est oecuménique



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« Pour moi, la cuisine, bien au-delà des recettes, c’est ça :le partage, l’offrande de ce que notre patrimoine culinaire nous a transmis.

Pour lui, comprendre ce qu’il appelle la Street food est tout bonnement essentiel pour l’avenir de la planète.

« Avec le sens du petit artisanat et un vrai savoir-faire, ça me semble une tâche essentielle. Le voyage à travers les cuisines est le moyen le plus universel d’aller vers les autres. De cette façon vous tisserez des liens entre les humains, en suivant le fil rouge du besoin le plus impérieux: manger pour survivre…en vous régalant.”…

 

 Son plus grand souvenir gastronomique reste un stage de plusieurs jours auprés d’un maître sushi japonais, qui lui a enseigné “ le goût juste”. Là, l’artiste martial a pu renouer avec la sagesse zen-chaque fois qu’il se trouve au Japon, il va méditer tous les matins dans un temple…

Il faut dire que c’est là-bas qu’il trouve ses inspirations les plus fortes.  Leur Street food est la mieux réussie, par exemple avec leurs bars à nouilles où un cadre supérieur vient manger ses tokoyati, assis à côté d’un collégien, son cartable sur le dos, et d’un balayeur des rues. C’est ce brassage qui est génial!”…

 

Partager un repas, c’est introduire une culture dans le corps de l’autre. C’est comme le thé, dont les chinois disent: ”Il commence à vivre dans la théière, puis il continue à vivre en vous”.

 

Aujourd’hui, ce que j’aime le plus, c’est aller vers les gens qui ne savent plus rien. On pense aider les gens les plus démunis en leur donnant de l’argent, mais ils se font voler, s’achètent n’importe quoi – avec un taux d’obésité énorme. Leur déficit culturel et intellectuel leur interdit de faire des courses intelligentes. Je vois la mère de famille pauvre, qui n’achète que des produits surgelés et des sodas. Je ne juge pas. Elle est coupée de la nature et possède trois téléviseurs, branchés sur Star Académie.

Moi, je débarque là-dedans et, pour le même budget, j’achète des fruits, de la farine, des légumes… Elle me répond: ”Je ne cuisine plus, les enfants n’aiment pas”. Alors je lui apprend à cuisiner pour ses gosses. Je veux parler aussi aux gens qui ne vont que dans les épiceries discount. J’y entraîne leurs gamins, nous achetons une boîte de boudoirs et quelques pommes et nous faisons une superbe charlotte.

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« Il faut apprendre ça aux mômes entre sept et douze ans.
Ce sont eux qui changeront le monde! »

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(clin d'oeil à Lavienaturiste Magali)
A quand l'opération "toute le village cuisine" à St Germain La Montagne...avec les 4 qui ont grandi depuis les photos!
      

Publié dans Société

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M

quelle joie de lire des articles comme ça !
j'aime constater qui'il n'y a pas que moi qui met la cuisine au centre des rapport humains !
Je passe tous mes après midi dans le silence à expérimenter des recettes naturelles...une vraie méditation dans ma maison perdue au milieu de la nature.Le soir, mes enfants goûtent...
Les ateliers se multiplient et j'aide une cantine dans un petit village près de chez moi qui se tourne en bio. Dans peu de temps je pars à Dakar et j'imagine déjà les échanges autour de grands
plats uniques à manger avec les doigts !! 


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