Copenhague:première semaine

Publié le par La Vie Nature


PREMIERE SEMAINE DU SOMMET DE COPENHAGUE

                     «  Petite sirène, du haut de ton rocher, tu nous entends ? » 

                                                                           
                                                                                rabhi5.jpg

Ecoutez, il faut que dans la journée du 18 au 19 décembre il y ait un vrai coup de rein. Mais vous savez, je crois dans l’Histoire. Le mur de Berlin ne serait jamais tombé si à un moment il n’y avait eu un déclic. Les gens qui sont ici aspirent à ce déclic. Il faut qu’il se produise. Mais pour l’instant il n’est pas là.

                                                   Pierre Radanne

C’est vrai, nous approchons de noel...Copenhague ne fait pas forcément la UNE dans nos têtes ; nous voudrions bien oublier tout ça pour les « fêtes » .

Seulement voilà, nous sommes locataires de la planète et...

Alors, au fil des jours j’ai glané des articles, des témoignages jour par jour,en direct de Copenhague . A dose homéopathique , on feuillette ensemble les dépêches ?

 

 

 

8-12-2009

Les 5 forêts sur lesquelles il faut miser

 

Parce qu'elles sont un atout pour lutter contre le changement climatique, les forêts du monde valent aujourd'hui de l'or.

 

 Connue depuis longtemps pour être le poumon de la terre, l’Amazonie se place en tête du Forest Carbon Index (FCI), publié par deux think tank américains, Resources for the future et Climate Advisers. Par exemple en payant les propriétaires pour qu’ils préservent la forêt ou la gèrent plus durablement au lieu de l’abattre sans restriction, ou en alimentant des fonds gouvernementaux destinés à replanter des zones déboisées.

 1 - Amazonie / Andes

 La région accueille trois-quarts des lieux les plus adaptés. "Au Brésil par exemple, bien que le coût des terres soit relativement plus élevé, le système politique et le marché sont largement plus sûrs que la moyenne", commente Nigel Purvis. Surtout que la déforestation y est intense : rien que pour le géant du sous-continent, les émissions associées représentent entre 2,5 et 5% du total mondial. Le Pérou, la Colombie, l’Équateur et la Bolivie abritent également des gisements intéressants. Mais la déforestation y est parfois plus limitée, comme au Pérou, où elle bénéficie surtout à des cultures vivrières de faible étendue.

2 - Bornéo                                      bouleau3.jpg

 Avec ses 220 000 kilomètres carrés boisés, l’île de Bornéo se situe à une autre échelle que l’immense Amazonie. Mais elle se place en haut des meilleurs scores du FCI, avec des forêts très riches en carbone et, en Malaisie, une stabilité politique et un cadre économique intéressants.   La forêt de Bornéo est selon le WWF l’une des deux seules sur Terre à pouvoir accueillir durablement des populations de grands mammifères comme l’orang-outang, l’éléphant et le rhinocéros. Mais elle fait face à une activité économique galopante : la culture de l’huile de palme, qui a grignoté presque 2 millions d’hectares en 20 ans. D’où la nécessité d’allonger la monnaie pour la préserver...

3 - Bassin du Congo

 La zone représente 18% des forêts tropicales sur Terre. "Avec plus de 600 espèces d’arbres et 10 000 espèces animales, le bassin du Congo est non seulement le refuge d’une biodiversité incroyable mais également l’un des écosystèmes les plus menacés au monde", précise le rapport. Notamment au Nigeria, qui connaît le taux de déforestation de forêt primaire le plus élevé du globe : "entre 2000 et 2005, le pays a perdu 55,7% de ses forêts primaires", ce qui en fait un "fournisseur potentiellement important de crédits carbone", notent les auteurs.  

4 - Est de Madagascar

 La préservation des forêts de Madagascar combine deux avantages : elle est peu chère et efficace. Les deux principaux moteurs de la déforestation y sont l’agriculture et l’abattage illégal de bois. Deux activités qui menacent également une biodiversité unique .

5 - Corridor mésoaméricain

 Plus localisées, les zones intéressantes s’étalent entre le Mexique et le Panama. Mais c’est surtout au Nicaragua qu’on trouve le plus grand potentiel. Comme les propriétaires ne possèdent pas de vrais titres entre les mains, beaucoup d’opportunités existent pour l’appropriation illégale".

  La question du climat et des conséquences de ses dérèglements est complexe. Elle va changer nos sociétés en profondeur, pas forcément pour le pire. Pour prendre la mesure des changements qui viennent et pour les faire accepter, il faudrait saisir l’opportunité de Copenhague. Il faudrait expliquer qu’ici, à Copenhague, se joue peut-être le « Yalta du XXIe siècle ».

 L’un des volets importants de Copenhague concerne la forêt. Outre la préservation du climat de toute la planète, la reforestation et la déforestation évitée, permettront de (re)donner aux communautés rurales du sud les moyens de développer des cultures vivrières, du bois de chauffage, un accès à l’eau. Voilà du concret. Voilà de l’immédiat, au service des hommes. Voilà ce qu’est potentiellement Copenhague. Mais sans doute la forêt n’est-elle pas suffisamment "vendeuse" pour mériter les unes de journaux en quête de polémiques faciles.


A Copenhague, les pays en développement demandent plus d'engagement aux nations riches

 

Au troisième jour de la conférence des Nations unies sur le climat, les pays en développement ont jugé mercredi insuffisants les fonds proposés par les nations riches pour les aider à adapter leurs économies aux changements climatiques. Autre sujet de discorde: les projets de déclaration finale proposés par le Danemark et la Chine.

 Lumumba Di-Aping, membre de la délégation du Soudan, a estimé que le fonds mondial de 10 milliards de dollars (6,8 milliards d'euros) annuels proposé par les pays développés faisaient pâle figure face aux 1.000 milliards de dollars déjà dépensés pour sauver les institutions financières.

"Si c'est (le changement climatique, NDLR) le plus grand risque couru par l'humanité, comment expliquer 10 milliards?", s'est-il interrogé. "Dix milliards, ce ne sera pas suffisant pour acheter des cercueils pour les habitants des pays en développement."


Ces derniers ont été rejoints par les petits pays insulaires dans leur grogne face aux deux projets de déclaration finale présentés par le Danemark, pays hôte de la conférence, et la Chine, craignant de devoir payer un tribut financier trop lourd à la réduction des gaz à effet de serre (GES).

Pour ces pays, soutenus par les organisations écologistes, le Danemark a tenté d'influencer l'issue des débats avec son texte. Celui-ci limiterait les objectifs de réduction de GES pour les pays riches au détriment des nations plus pauvres, et durcirait les conditions d'accès au fonds mondial pour les pays en développement. "Quand un processus est faussé, l'issue est faussée", a déclaré Raman Mehta, responsable indien de l'ONG ActionAid, au sujet de la proposition danoise.ecogeste1-copie-1.jpg

Illustration des divergences exprimées mercredi à Copenhague, le petit pays insulaire de Tuvalu a demandé qu'un éventuel projet de traité sur le climat impose comme limite au monde entier une augmentation de 1,5 degré de la température de la planète par rapport au niveau préindustriel. Mais la présidente de la conférence, la Danoise Connie Hedegaard, a rejeté cette proposition suite aux objections de plusieurs pays, notamment les producteurs de pétrole, qui pâtiraient d'une restriction sur l'utilisation de combustibles fossiles.

Tuvalu et les autres pays insulaires seraient les premières victimes d'une hausse du niveau des océans a expliqué Ian Fry, délégué de Tuvalu à la conférence. "Notre avenir dépend de l'issue de cette réunion", a-t-il souligné.

 "Nous travaillerons en étroite coopération avec notre Congrès pour adopter une loi (prévoyant) la réduction de nos émissions de GES de plus de 80% d'ici 2050", a déclaré Lisa Jackson. Les Etats-Unis feront "des efforts raisonnables" et prendront "des mesures significatives et de bon sens" pour réduire les émissions, a-t-elle ajouté, sans plus de détails                          .grenelle4.jpg

 Dans un communiqué, Greenpeace a, de son côté, appelé les dirigeants de l'Union européenne, réunis en conseil jeudi et vendredi à Bruxelles, à décider "au minimum d'un passage à 30% de réduction de ses émissions, avant de s'engager sur -40%, seul objectif en phase avec la science du climat".




 

 

 

9 décembre

 

 

"Nos dirigeants sont face à l’Histoire"

 

 

Depuis trois jours, les pays en développement font entendre leur voix en multipliant les déclarations fracassantes. Ils craignent que les nations industrielles ne contribuent pas suffisamment à la lutte contre le changement climatique. Ils réclament la fixation d’objectifs chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Et une enveloppe financière des pays du nord pour financer leur adaptation au changement climatique.

Terra eco - Pierre Radanne, les manifestations parfois spectaculaires des délégations des pays du Sud ne sont-elles pas du théâtre ?

Pierre Radanne - Il vous faut combien de morts ?...

 Ici à Copenhague, nous sommes dans un endroit où tout est codé. Les manifestations de la délégation africaine sont surprenantes dans ce cadre. La question est donc de les décoder proprement et sans biais, dans un souci de compréhension des rapports de force.

 En même temps vous avez dans l’événement ici quelque chose que vous devez ressentir et que tout le monde ressent : vous êtes devant le plus grand rassemblement de la diversité humaine qui ait jamais eu lieu. Il y a 30.000 personnes et jamais il n’y a eu autant de responsables du monde ensemble. Donc ces gens-là ont un plaisir d’être ensemble ici. Et vous avez cette ambivalence entre le plaisir d’être ensemble ici et la difficulté de la négociation.

Alors vous savez, on est encore au début donc ces choses-là ne sont pas encore calées, mais j’insiste sur le fait que ce ni du cinéma, ni du théâtre.

C’est vrai que l’on ressent une grande confraternité...

Oui ! Parce que les gens sont dans un objectif commun. Mais ils ont aussi des intérêts divergents. Il faut bien comprendre cela.

Pourquoi dites-vous que la négociation est plantée ? On avait le sentiment lundi qu’il y avait beaucoup de volontarisme, même si ce sont des discours d’estrade...

On a aujourd’hui plus de 200 pages de texte et on ne sait pas quoi en faire. Est-ce que c’est un protocole ? Est-ce que ce sont des décisions. Est-ce que c’est engageant pour les pays ? Est-ce que ce n’est pas engageant ? Ces questions-là sont des questions totalement déterminantes, qu’il faut prendre au sérieux.

Ce que vous dites, c’est que sur ces questions personne ne sait vraiment où l’on en est aujourd’hui...

C’est pour cela que je dis que nous sommes plantés. On ne sait pas.

Qu’est-ce qui fait que ce déclic se transmettrait de cercle en cercle jusqu’aux chefs d’Etat qui décideront à partir du 18 décembre ?

C’est à eux, les chefs d’Etat, qu’il revient de décider. Ils sont face à l’Histoire.

En ont-ils vraiment conscience ?

Oui, oui. Mais au-delà de ce que vous dites, il y a un deuxième risque d’échec : rêvons et imaginons que les chefs d’Etat parviennent, le 19 décembre prochain à un texte génial et qu’en rentrant chez eux il ne se passe rien. Le problème n’est pas le traité en tant qu’objet. Le problème c’est la mise en mouvement de l’ensemble des sociétés. Or le niveau de l’action c’est celui des collectivités locales. Donc les collectivités locales doivent se mettre en mouvement.


                                             xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx




                                            




 

 

9-12-2009

Justice climatique contre injustice du climat

 

La question de la justice climatique est un problème difficile à apprécier pour nous, gens du Nord, riches, bien portants et encore peu impactés par les manifestations du changement climatique. Bien sûr nous avons eu notre lot de drames : hécatombe de l’été 2003, baisse régulière des pluies dans le middle-west américain ou incendies géants en Espagne, en Californie ou en Grèce. Mais ces incidents, aussi graves qu’ils aient été, n’ont finalement rien changé à nos modes de vie ni à notre qualité de vie. Pour l’habitant des villes, le seul inconfort perceptible c’est la chaleur, l’été, dans son appartement, contre laquelle il lutte maintenant avec un climatiseur (et tant pis pour le CO2). Quant au paysan du Sud-Ouest, il sait qu’il ne devrait plus arroser en plein soleil et qu’il faut remplacer le maïs par le millet, plus adapté à la sécheresse.    .fnsea-copie-1.jpg

Mais dans toutes les zones intertropicales sèches, les choses sont bien différentes. Avec l’évolution du climat, le régime des pluies a souvent perdu de sa vigueur et, surtout, sa régularité, rendant les savoirs-faire agricoles traditionnels inopérants. Dans les zones sahéliennes au sud du Sahara, l’agriculture est extraordinairement dépendante de la qualité (durée, intensité, régularité) de la saison des pluies. Les paysans doivent assurer leur approvisionnement en nourriture, pour l’année entière, en seulement 4 mois. Leur vie dépend donc de cette récolte unique : car il ne tombera plus de pluie pendant les 6 à 8 mois suivants. Si la récolte annuelle est insuffisante, des populations entières souffriront de la faim au moment de la soudure, l’année suivante.

La notion de « soudure alimentaire » nous est devenue complètement étrangère (hors nos manuels d’Histoire). Elle correspond à la période où les réserves de nourriture produites l’année précédente sont consommées, alors que la nouvelle récolte n’est pas encore mûre. La soudure arrive toujours au pire moment : celui du pic de travaux des champs (préparation de la terre et plantation). Des journées de travail harassant, en plein soleil et le ventre vide. On ne s’étonnera pas que ce soit aussi l’époque du « pic des maladies ». La souffrance des gens, à cette période, est immense. Immense et silencieuse : rien ni personne n’en fait jamais écho dans nos journaux télévisés.

Ce problème concerne des centaines de millions de petits paysans, parmi les plus pauvres du monde. Une réalité qui relève d’une injustice profonde : car ces populations sont celles qui ont le moins contribué au réchauffement climatique. Nous avons donc envers elles un éminent devoir de responsabilité et de solidarité. C’est ce que les négociateurs du Sud devront essayer de faire admettre à leurs interlocuteurs du Nord à Copenhague. Entre petits fours et hôtels 4 étoiles.


                                                                  xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

 


10-12-2009

Pékin fait la pluie et le beau temps

                                    La guerre des nuages a t-elle commencé ?

 

Enquête - Un décision politique qui déclenche des précipitations ou des chutes de neige ? C'est devenu monnaie courante à Pékin. Depuis les Jeux olympiques de 2008, le Bureau des modifications météorologiques joue les "Merlin l'arroseur" en ensemençant les nuages.

Cela faisait 22 ans que l’on n’avait pas vu cela, de mémoire de Pékinois. Le 1er et le 10 novembre dernier, les habitants de la capitale se sont réveillés sous un blanc manteau de neige. Cette anomalie climatique n’a pas manqué de semer la pagaille sur la route et dans les aéroports. Elle n’a pas manqué non plus de faire causer dans les chaumières, encore non chauffées à cette date, et de noircir les pages des journaux. Un organisme au nom kafkaïen, le "Bureau des modifications météorologiques", a été désigné comme responsable. Après les chutes de neige, c’est vers lui que les lettres de protestation ont afflué, sur l’air de "vous auriez pu prévenir", "vous jouez avec les apprentis sorciers avec la météo"...  

Dans les deux cas, les précipitations ont bien été revendiquées et programmées par le bureau des modifications municipal, mais de manière plus discrète le 10 novembre. Objectif affiché par les météorologues : lutter contre la sécheresse qui sévit dans la région. « Nous ne manquerons aucune opportunité pour provoquer des précipitations artificielles, dès lors que Pékin souffre d’une sécheresse persistante », a déclaré Zhang Qiang, en charge du bureau. Déjà le 8 février 2009, l’agence officielle Xinhua expliquait dans un style télégraphique : « La Chine a déclenché des pluies artificielles dans au moins 7 provinces souffrant d’une sécheresse exceptionnelle ».

 

Dans le cas des chutes de neige de Pékin, la méthode pratiquée consiste à ensemencer les nuages à l’aide d’une centaine de bâtons d’iodure d’argent. Dans les nuages où la température est très légèrement inférieure à 0°C, les nombreuses gouttelettes d’eau présentes peuvent rester liquides, mais cela ne favorise pas pour autant la formation des précipitations. L’apparition de quelques cristaux de glace peut alors accélérer le processus. Autrement dit : il s’agit d’aider les nuages à congeler leurs gouttelettes d’eau. En Chine, trente avions sont ainsi chargés de lancer des fusées et une vingtaine de sites au sol sont utilisés régulièrement à Pékin pour lancer des roquettes à partir de brûleurs. Budget annuel supposé : entre 60 et 90 millions de dollars, tandis qu’une équipe de 1 500 personnes travaille en permanence sur ces questions. Quid des effets sur la nature ? Les scientifiques s’accordent pour dire qu’ils sont nuls, les quantités d’iodure d’argent dispersées sur des centaines de km2 étant trop faibles pour avoir un quelconque impact.

Reste à savoir pourquoi les Chinois seraient capables de faire pleuvoir à leur gré, alors que les autres pays s’y refusent ? Voyons un peu l’avis de la communauté scientifique. Sans surprise, il est beaucoup plus nuancé. Les conclusions de l’Organisation mondiale de la Météorologie sont très claires. Dans un document paru en septembre 2007 et qui fait l’état des lieux de la modification climatique, on peut lire sous le titre « augmentation des précipitations » que, certes ,« de nombreuses preuves montrent que la microstructure des nuages peut être modifiée par ensemencement de noyaux glaciogènes ou d’agents réfrigérants selon certaines conditions », mais aussi que « les preuves de modifications significatives des précipitations au sol sont controversées et ne peuvent, dans bien des cas, être établies de manière certaine. »

                                                                                          abeille2.jpg

Les Chinois seraient-ils donc fanfarons ? Pas exactement, explique Jean-Pierre Chalon, conseiller scientifique à Météo France. D’une part, les neiges de novembre, même exceptionnellement précoces, peuvent s’expliquer scientifiquement. Les ensemencements, mais aussi les émissions des usines d’incinération et des tours de refroidissement, ont en effet pu jouer un rôle. « Parfois en hiver, quand la température tourne autour de zéro, il est possible que les rejets de particules et de chaleur des industries locales puissent provoquer une précipitation de neige. »

Mais en dehors de cas spécifiques, l’influence humaine sur les pluies reste à prouver.Le professeur Xiao Gang, de l’Académie des sciences de Chine, explique que « personne ne peut dire à ce jour comment la manipulation du temps peut modifier le ciel ». Même son de cloche pour Tian Wanshun, directeur adjoint du bureau de modification climatique de la province du Henan. « La science de l’atmosphère est très compliquée. Les opérations ont un impact mais il faudra encore des années de recherche pour mesurer l’effet sur l’augmentation des précipitations. »

  Comme le résume une présentation des travaux de chercheurs du CNRS, en dehors des aspects techniques, la modification du climat pose des questions d’ordre juridique et politique. Si le climat devient un jour modifiable au profit de certains pays et au détriment d’autres.

                                    "faudra-t-il définir une propriété des nuages ?"
                                     s’interrogent les juristes.
                                     Y aurait-il même des voleurs de nuages        

                                             ********************************



Copenhague

11-12-2009

Wangari Maathai brandit sa ceinture verte

 

  Débarquée du Kenya, la lauréate du Nobel 2004, Wangari Maathai est venue conter l'histoire de son programme : "Ceinture verte" et appeler à plus de solidarité pour l'Afrique.

Dans une salle de conférence bondée du Bella Center, des journalistes et des membres d’ONG, recroquevillés à même le sol, serrés contre les murs, écoutent religieusement un conte figurant des arbres replantés, des sols réhabilités, des communautés ressoudées. La conteuse ? Wangari Maathai, prix Nobel de la paix 2004. Figure emblématique de l’activisme kenyan, elle est venue partager l’expérience de son programme de replantation “Ceinture verte”. “La science nous dit que le changement climatique va avoir un impact négatif et que l’Afrique sera le continent le plus vulnérable parce que nous dépendons fortement des ressources en matières premières, de la terre, de l’eau, des forêts”, explique Me Maathai, regard vibrant sous un fichu orange. Comme d’autres programmes, “Ceinture verte” porte un bout de solution                                          .bio5.jpg

Tout a commencé en 77, sous l’égide du Conseil national des femmes kenyane dont Me Maathai était présidente. “Les femmes lui racontaient leurs problèmes : la rareté de l’eau, les maladies, le manque de nourriture... A l’époque, le gouvernement ne redistribuait pas vraiment l’aide au développement, n’aidait pas beaucoup. Les communautés devaient trouver un moyen simple de résoudre ces problèmes par elles-mêmes”, explique Fredrick Njau. Visage fin au dessus d’un costume-cravate, ce chef de projet pour Greenbelt, remonte la genèse du mouvement dans une allée du Bella Center.

Aux premiers rangs : les femmes

Wangari Maathai regroupe les populations en groupes d’une quinzaine de membres. Et leur apprend à replanter des arbres. L’association s’attaque d’abord aux terres privées puis aux terrains des écoles et des administrations, avant de plonger les mains au sol des forêts. Neuf districts sont ainsi peu à peu reboisés. Pour restaurer l’équilibre des sols, retenir l’eau, faire pousser des fruits, capter du carbone. Mais pas seulement.

“La replantation n’est qu’une porte d’entrée au sein d’une communauté, souligne Fredrick Njau. Une fois que celles-ci sont rassemblées, on peut aborder d’autres thèmes : le Sida, les droits des femmes... On peut leur apprendre à créer des jardins partagés, à cultiver bio, etc.  
    

  “En 2004, Me Maathai a mis au défi l’armée. Elle leur a dit : ‘Vous gardez les frontières du Kenya mais sous vos pieds, le pays disparaît, se souvient Fredrick. L’ennemi n’est pas à l’extérieur mais à l’intérieur.” L’armée a suivi, offrant au passage ses hommes et ses camions. Les paramilitaires du GSU (General Service Unit) et les établissements carcéraux promettent de leur emboiter le pas. Mieux, les forêts rendues à leur vie sauvage deviennent manne financière. Elles peuvent créer de nouvelles activités. “On peut y faire de l’élevage d’abeilles, ramasser les champignons, cultiver des plantes médicinales, faire de l’écotourisme..., énumère Fredrick Njau dans un sourire. Elles peuvent aussi s’attirer les investissements des pays en recherche de projet de compensation carbone.

  “Il faut que que les grandes institutions, la banque mondiale, la banque africaine de développement nous aide ”, opine à son tour Me Maathai, avant de reprendre la route vers le repaire des délégations. Voix claire dans un océan parfois trop complexe.

 

                                                                      xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx



Copenhague

12-12-2009

Cécile Duflot : "L’aide annoncée par l’Europe est minable"

 



Cécile Duflot vient d’arriver à Copenhague après 18h de trajet en train, à bord du "Climate Express", partagé avec 800 militants venus de France, de Belgique et de Grande-Bretagne. L’élue Verte fait le point sur les dernières annonces à l’aube du grand week-end de manifestations.

Terra eco : Que pensez-vous de la proposition européenne d’aider à hauteur de 7 milliards d’euros (sur 3 ans) les pays en développement dans leur adaptation au changement climatique ?

Cécile Duflot : "C’est minable. Surtout quand on voit ce qu’on a réussi à mobiliser pour les banques. Quand on connaît les enjeux en cours et les besoins de ces pays, on voit bien que cette somme n’est pas à la hauteur. Qu’on est encore loin d’une priorité politique. Chez les Verts, nous défendons une aide de 35 milliards d’euros au niveau européen. Ce serait une somme raisonnable au regard des 110 milliards d’euros nécessaires au niveau mondial. Rappelons que 110 milliards d’euros, ce n’est qu’un dixième du budget mondial de l’armement."

... Cela ne sert à rien de développer des éoliennes ou des centrales solaires en Afrique si c’est pour confier ces parcs à des entreprises européennes. Et ça va de soi, les transferts de technologies doivent porter sur les énergies renouvelables, pas sur le nucléaire. L’aide à l’adaptation ne doit pas être une aide aux débouchés pour les entreprises étrangères."

Nicolas Sarkozy vient de défendre la création d’une Organisation mondiale de l’environnement. Il rejoint votre position sur ce point.

                                                                                        biof4.jpg


"Nous sommes effectivement très favorables à cette institution et depuis longtemps. Mais chez Nicolas Sarkozy, on reste dans la formule. Quel pouvoir lui donne-t-il ? Quels moyens ? Quelle indépendance ? Il faut se donner les moyens de l’impulsion d'une telle structure.  
        

Et que pensez-vous de ce débat entre croissance et décroissance ?

"Il faut en sortir. Et pour cela, il faut laisser de côté les indicateurs uniquement basés sur le prix. Il faut en créer de nouveaux pour prendre en compte ce qu’apporte la forêt ou la biodiversité et qu’on ne comptabilise pas aujourd’hui. Cette conviction que le marché peut tout régler, que l’on peut tout monétiser, tout marchander, est une illusion. Le marché carbone c’est le règne la spéculation, du court-termisme, bref, tout ce que la planète, confrontée à des enjeux à long terme, doit éviter aujourd’hui."

                                                                                       ecogeste7.jpg

Samedi 12 décembre

 

Organisé à l'appel d'organisations non gouvernementales et de mouvements altermondialistes, le défilé est parti dans l'après-midi du centre de Copenhague en direction du Bella Center, le centre de conférences où se tiennent les débats, à quelques kilomètres plus au sud.                                                     voyage8.jpg

"Toute la semaine, nous avons entendu un flot d'excuses de la part des pays du Nord sur les réparations adéquates à la crise écologique qu'ils ont causée", a expliqué dans un communiqué Lidy Nacpil de l'ONG Jubilee South Coalition.

                      "Nous descendons dans la rue pour exiger
 que la dette écologique soit remboursée aux peuples du Sud",
a-t-elle ajouté.



"La planète, pas le profit", "La nature ne fait pas de compromis", "Justice pour le climat, maintenant", "Il n'y a pas de planète B", "Cessez le réchauffement climatique", lisait-on notamment sur les banderoles.

"Je pense qu'on nous entend. La question est de savoir si nos dirigeants auront le courage et les convictions morales pour agir", a de son côté estimé Kumi Naidoo, directeur international exécutif de Greenpeace.

 Au centre de conférences, de nombreux délégués ont suivi la manifestation à la télévision. En marge des débats, le délégué de la petite île de Tuvalu, dans le Pacifique, a lancé, ému, un appel à un accord contraignant en vue de limiter les émissions de gaz à effet de serre. "Je me suis réveillé ce matin en pleurant, et ce n'est pas une chose facile à admettre pour un adulte. Le sort de mon pays se trouve entre vos mains", a-t-il dit.



 
.Place ce lundi 14 aux politiques...


 
Bonne semaine à vous tous,  où que vous soyez.
Ici à Lisbonne
LVN profite d’un ciel bleu immaculé...pas besoin de nettoyeurs de nuages !

                                                                                  Gen pour l’équipe LVN

Publié dans Ecologie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article