SLOW CITIES

Publié le par La Vie Nature

 

LVN a lu pour vous...

 

 

 

  VILLES LENTES,

                         SLOW CITIES,

                                                                                                                                        CITTASLOW

 

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Vous êtes pressés de savoir ce que c’est ?

Et bien,  attendez un peu : asseyez vous comfortablement, prêtez attention à votre respiration et fixez le mot          SLOW         pendant 1minute, fermez les yeux, revoyez le mot écrit derrière vos paupières closes puis imaginez 1minute un escargot qui traverse une route . Ouvrez les yeux , lisez lentement l’article si ça vous chante.

« le temps, c’est de l’argent »...pas sûr !

« le temps passe de plus en plus vite »...mais non, il est toujours égal!

« il faut bien passer le temps »...ça ne serait pas plutôt « vivre le temps présent ?

 

Pourquoi courir après le temps ? Du «plus haut, plus vite, plus fort», du baron Pierre de Coubertin à la maxime de Benjamin Franklin, «le temps, c’est de l’argent», en passant par le speed dating et autres «clé minute» et Chronopost®, la «course contre la montre» des cyclistes professionnels s’est étendue à toute notre société ( Hartmut Rosa).       page_detail_zoom_1818-1--copie-1.jpg

 

C’est vrai que le rythme de nos vies  de citadins est fou et qu’il est difficile d'échappe à ce tourbillon à tel point que la lenteur, l’absence de stress, le calme nous angoissent parfois. Pourtant  je suis convaincue que nous pourrions de temps en temps dire : « stop 5 minutes, je ralentis, je suis présent à moi même, rien d’autre. En France une publicité pour les yaourghts disait : »Mangez le tout doucement , pour que ça dure longtemps ».

«  quand on est pressé, il ne faut que quelques secondes pour avaler un yaourght, mais si vous savez vraiment apprécier un yaourght, vous dégustez chaque cuillerée lentement et vous êtes là pour le yaourght. Prenez tout le temps nécessaire pour boire votre thé de telle sorte que la paix et la détente soient possibles »(Thich Nhat Hanh).

Simpliste ? essayez.

Le mouvement slow cities  est une invite collective à un rythme de vie plus harmonieux.

 

Dans un monde en constante accélération, quelques municipalités européennes ont créé un réseau,

Slow Cities, visant à ralentir le rythme de la vie. Ce réseau réunit des villes et municipalités désireuses d’améliorer la qualité de vie de leurs citoyens, notamment en matière de nourriture et d’environnement.Né en Italie, Cittaslow (« Villes lentes » en italien), est issu d’un autre mouvement: Slow Food, en opposition au Fast Food nord-américain.  . 

La philosophie des « Villes lentes » repose sur certains principes. En n’utilisant que des produits régionaux de qualité, on apporte ainsi son soutien aux agriculteurs qui travaillent dans le respect de l’environnement et qui refusent de faire appel à de la main d’œuvre bon marché. C’est l’une des idées qui ont conduit, il y a maintenant 20 ans, à la création du mouvement Cittaslow en Italie. Un mouvement qui a gagné 70 villes italiennes de moins de 60 000 habitants et une vingtaine d’autres dans le monde, jusqu’en Nouvelle-Zélande.

La charte du mouvement Slow Cities (nom anglo-saxon des Cittaslow) dénonce l’homogénéisation des modes de vie et rend le culte moderne de la vitesse responsable de notre assujettissement physique et moral.  Il compte aujourd’hui plus d’une centaine de villes dans le monde.

 

Des villes enracinées

L’objectif des Villes lentes est de combattre l’ubiquité dans ses deux dimensions : être, en même temps, ici et ailleurs. L’abomination absolue pour ces militants sont ces lieux modernes « hors sol » que sont les grands aéroports internationaux ou ces magasins entrepôts, tous sur le même modèle, qui défigurent les banlieues. Une ville lente refuse le « hors-sol » comme le « hors-temps ». Ces villes  tendent à redonner de la qualité de vie, c’est-à-dire à enfanter un humain plus humain puisque plus autonome, parce que seul capable de s’autolimiter. 

Le réseau Cittaslow a adopté un manifeste qui comprend 70 recommandations et obligations : mise en valeur du patrimoine bâti existant plutôt que construction de nouveaux bâtiments; volonté de réduire fortement les consommations énergétiques; promotion des technologies « vertes » pour assurer les besoins énergétiques indispensables; diminution des déchets et développement de programmes de recyclage; multiplication des zones piétonnes avec le souci de ne pas en faire des lieux voués au seul commerce; développement des commerces de proximité avec interdiction progressive des grands centres commerciaux; priorité aux infrastructures collectives avec des équipements adaptés aux handicapés et aux divers âges de la vie; multiplication des espaces verts et des espaces de loisirs; propreté de la ville; préservation et développement des coutumes locales et produits régionaux; priorité aux transports en commun et autres transports non polluants (marche à pied, vélo, patins à roues alignées) avec la volonté de limiter le nombre d’automobiles; développement de la solidarité intergénérationnelle; exclusion des OGM et des « temples » de la restauration rapide; développement d’une véritable démocratie participative, etc.

 Les villes respectueuses du manifeste reçoivent un label et affichent le logo à l’entrée des agglomérations et sur les bâtiments publics : ce logo (un escargot qui porte sur sa coquille une ville) est directement inspiré du célèbre escargot qui sert d’emblème au mouvement Slow Food..

 

Une ville lente ne doit pas rentrer dans sa coquille mais travailler à un autre développement là où elle est enracinée.

 

 

Contre le gigantisme des villes

 

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Le développement des Slow Cities repose sur le refus des grandes villes dont l’échelle est sans mesure avec les capacités humaines de perception et de déplacement. C’est pourquoi les Slow Cities comprennent obligatoirement moins de 60 000 habitants. La critique du gigantisme est consubstantielle à celle de la vitesse. L’un des enjeux pour les prochaines décennies sera donc de vider progressivement les mégalopoles qui ne peuvent, du simple fait de leur gigantisme, développer une politique de la lenteur et de la relocalisation.

Les villes lentes ont pu, grâce à ce double ancrage temporel et territorial, éviter un double écueil. Celui d’apparaître comme véhiculant un point de vue nostalgique – voire passéiste – et celui de devenir un produit commercial pour quelques néoruraux.

 

Les « Villes lentes » utilisent la technologie dans le but d’améliorer la qualité de l’environnement et du tissu urbain, et également pour la sauvegarde de la production d’aliments et de vins uniques qui contribuent au caractère de la région. Les villes qui souscrivent à cette action s’engagent à probQR-1-.jpgmouvoir un rythme de vie

plus lent, inspiré des habitudes des communautés rurales, pour

permettre aux citoyens de profiter de façon simple et agréable   de leur propre ville. Les « Villes lentes » mettent en valeur leur environnement, leur patrimoine bâti ou leurs traditions culinaires. En  s’inscrivant dans le mouvement Cittaslow, les municipalités permettent le développement des contacts directs entre citoyens, entre les habitants et les touristes, entre les producteurs et les consommateurs.

 

Quelques exemples

En 7 ans, de nombreuses avancées sont à enregistrer…aussi bien d’un point de vue économique (avec très souvent, le développement d’un tourisme responsable) qu’en matière d’environnement. Le réseau qui regroupe plus de 100 villes de moins de 60.000 habitants réparties dans 10 pays, permet de partager des idées et des expériences.

Ainsi, à Orvieto (Italie), le réseau de bus a été densifié, des parkings ont été construits aux bords de la ville et des zones piétonnes et pistes cyclables ont également vues le jour. A Waldkirch, en Allemagne, c’est un parc d’activité, mixant aussi bien des habitations que des bureaux, qui est sorti de terre avec une approche bioclimatique : orientation des bâtiments, toitures végétales, récupération des eaux de pluie, géothermie, isolation renforcée, matériaux « propres »…

En Espagne, à Palafrugell, c’est un programme ambitieux de sensibilisation des citoyens à la gestion des déchets et au compost qui a été mis en place. En Nouvelle Zélande, c’est une communication pratique orientée vers les citoyens pour lutter contre le réchauffement climatique qui a été mise en place !

 

Au final, ces villes, tout en ayant parfaitement conscience du monde dans lequel elles vivent, ont réussi à se développer de manière harmonieuse et beaucoup plus en phase avec leur environnement.

 

 

 

Ségonzac, première ville lente française 

 

Cette petite ville charentaise d’un peu plus de 2.000 habitants est devenue, le 8 mai 2010, la première en France à adhérer au réseau de «ville lente» Cittaslow. Là-bas, la lenteur est synonyme de qualité de vie. Respect des saisons, des produits authentiques, des traditions. Promotion des paysages inchangés par l’homme, des modes de circulation doux, de l’écologie et des lieux de rencontre et réflexion (café, théâtre, bar, restaurant). Bref, «la joie d’une existence lente et silencieuse», comme on peut lire sur le site de l’association.

Colette Laurichesse, l'adjointe au maire qui a porté ce projet, explique:

«L’idée est venue de l’Office du Tourisme. Nous pensions que nous avions un déficit d’image et Cittaslow nous correspond. Ici, la lenteur n’est pas un repoussoir. Nous sommes dans le vignoble du cognac. La vigne demande du temps pour produire. Ensuite, le cognac demande du temps pour vieillir. Nous avions donc une sorte de philosophie de la lenteur où l’on se donne le temps de bien faire Chateau-Segonzac.6_f_e.location_5251_tiny-1--copie-1.jpgles choses.»

Ségonzac fait donc partie des 140 villes du mouvement Cittaslow, initié en 1999 par l’Italien Paolo Saturnini, maire de la ville de Greve. Un prolongement du concept de Slow Food lui aussi né en Italie en opposition à l’ouverture d’un McDonald’s sur une place historique de Rome.

Ségonzac, qui partage avec Cittaslow l’escargot pour emblème,pourrait faire des émules. Grigny a déposé une demande d’adhésion.  

 René Balme, le maire  de Grigny s’étouffe un peu quand on lui loue la vitesse.

«Allez vite? Pour quoi faire? Plus vous allez vite, plus vous êtes stressé! Je suis pour la décroissance. Les ressources ne sont pas infinies, or nous sommes de plus en plus nombreux sur cette petite planète qui nous supporte. Ayons une réflexion par rapport à notre avenir et à nos modes de vie. Par exemple, ici, on ne favorise pas la voiture. Le rapport à l’automobile est surréaliste.

  Les parents la prennent pour parcourir 10 mètres et déposer leurs enfants à l’école. S’ils pouvaient rentrer

  dans la cour, ils le feraient».      test[1]-copie-1

 

L’homme à l’accent cévenol est un camarade de combat de Paul Ariès, grâce à qui il a connu Cittaslow. Ce grand partisan de la décroissance insiste:

«Il faut restaurer une dimension qualitative du temps. Dans les villes lentes, par exemple, on prône un droit à la nuit, avec la diminution de l’éclairage public. Le but premier n’est pas énergétique.

 

             Il est de redonner une épaisseur au temps.

  

Même si l’on pouvait accélérer toujours plus, il faudrait le refuser pour rester des humains.» 

 

  

"Slow Life", une méthode contre le stress ?

  
Pour rire ou pleurer...

 Dou-ce-ment!

 «Les gens qui travaillent n’ont pas le temps de venir.» Lafayette Gatling est un visionnaire.  Cet entrepreneur du pays des fast-food a créé un «drive-through funeral». Un peu comme un McDonald’s, où le client pressé n’a pas besoin de sortir de sa voiture pour commander son sandwich. Sauf qu’ici, le hamburger est un défunt. Pas question de l’emporter, évidemment, mais de signer le registre de condoléances et de voir les restes de l’être aimé sans avoir besoin de quitter sa voiture...



Apprendre à écouter notre horloge interne
Beaucoup de gens rêvent de vivre à leur propre rythme. Un rêve qui ne devient réalité que pour une minorité d’entre eux. Notre existence est gouvernée par la frénésie du quotidien. Il est parfois difficile d’y échapper. Ne jamais être bousculé, toujours avoir suffisamment de temps… Telle est la philosophie de Herwig Danzer. Ce chef d'entreprise est l’un des initiateurs du mouvement Cittaslow à Hersbruck, près de Nuremberg.

                 Il souhaite pouvoir ressentir, de manière subjective, le temps qui passe.

Mais l'historien Hans-Ullrich Balzer doute que ce soit possible pour tout le monde: "Tout le monde porte une montre, et nous sommes entourés d’appareils électroniques qui donnent l’heure. Cela nous conditionne. Si on pouvait oublier toutes ces pendules, je suis persuadé que l’on se remettrait à écouter notre horloge interne. L’horloge interne est une chose que nous devons ressentir. Elle est même partiellement déterminée par nos gênes."

Notre horloge interne est également très influencée par notre environnement. Les arbres sont des témoins du temps qui passe, vestiges d’une époque où tout allait beaucoup moins vite dans nos villes.  
                                                  vuentree-1-.jpg       
Vivre en harmonie avec le monde extérieur. 
Un exemple. Le tai-chi
Un vieil adage dit que nous avons besoin de silence pour pouvoir nous concentrer. Dans les arts martiaux asiatiques, et notamment chinois, c’est TaiChi-1--copie-2.jpgjustement ce qu’on nous enseigne. On nous apprend à faire le vide avant tout exercice de concentration.
Les mouvements lents du taï chi sont aussi un moyen de prendre conscience du temps. Ansgar Gerstner, professeur de taï chi, explique que ces exercices nous aident à nous détendre: "Avant, je faisais ces mouvements sans même en avoir conscience. Le fait de changer de rythme – d’aller parfois plus vite ou, au contraire, plus lentement – permet de se rendre compte de ce qu’est la vitesse. On voit quand c’est trop rapide ou trop lent, on essaye de trouver le bon rythme. Il faut apprendre à écouter et à s’adapter aux vibrations de son corps. En haut, en bas, à gauche, à droite, vers l’intérieur, vers l’extérieur... Il faut vivre en harmonie avec le monde extérieur."



   Aujourd’hui, nous ne sommes même plus dans le présentisme, mais dans l’instantanéïsme. ((Paul Virilio, urbaniste et philosophe). L’instant est au centre du temps. Avec les technologies de l’instantanéité, de l’ubiquité comme le portable, nous sommes partout chez nous. Nous nous trouvons au bord d’une mutation historique considérable: la fin de l’ère de la sédentarité», prophétise celui qui travaille depuis quarante ans sur cette question du temps et de la vitesse et qui a publié en 2010 Le Grand Accélérateur.

Pour faire face, il préconise un ministère de l’Aménagement du Temps.

«Du temps qu’il fait (dimension écologique, NDLR) et du temps qu’il faut. C’est-à-dire des rythmes qui correspondent à l’être humain et non pas cet empressement qui est insupportable.»

Paul Ariès, lui, mise sur la décroissance pour contrer ce «fétichisme de la vitesse».

«Il faut faire du rapport au temps un enjeu du combat politique. Depuis presque deux siècles, nous avons mis presque toute notre intelligence collective pour inventer des prothèses techniques à accélérer. Nous considérons qu’il faut mettre la même intelligence dans l’invention de prothèses à ralentir.»

 

Sources

Ariès, Paul, «Un frein à la vitesse », Relations, août 2006 (702), p. 20-23.
Ariès, Paul, « 
Des villes lentes, vite !« , Journal La décroissance N°47–mars 2008 : Ralentir la ville.
Oui aux villes lentes !, ecolodujour.com.
Un immense désir de tout ralentir…, revolution-lente.com.
« Slow Life » – une méthode contre le stress ?, arte.tv.

Sites officiels

www.cittaslow.net, le site officiel des villes lentes en italien et en anglais
www.cittaslow.org.uk, le site des villes lentes en Grande-Bretagne (en anglais)
www.slowmovement.com, le site officiel du mouvement slow (slow food, slow cities, slow schools, etc.)
www.slowfood.fr, Mouvement International Slow Food (version française)

 

 

 

Et pour finir...

 je suis tombée par hasard sur cette lettre :

Éloge de la lenteur

Nous vivons dans un monde trop rapide. Les médias et les patrons (au sens large du terme) veulent nous faire croire qu'il faut aller vite, pour survivre dans notre société survoltée. Que pour être meilleur que son voisin, pour lui piquer son boulot et sa femme, il faut être plus rapide que lui, dans tous les domaines imaginables: au boulot, sur la route, à la maison...

Personnellement, j'aime la lenteur, malgré la connotation négative qu'on a réussi à coller à ce mot. Pour moi, lenteur est synonyme de réflexion, de doute. Quelqu'un qui veut aller vite ne peut pas se permettre de se poser des questions. Il avance, mais pas forcément dans la bonne direction. Je me méfie des gens qui ne doutent pas, qui sont persuadés de détenir la vérité unique. Et je ne parle pas uniquement des membres de sectes et autres croyants.

 

Le seul domaine d'expression artistique dans lequel je ne suis pas totalement incompétent, c'est la calligraphie. Ce n'est peut-être pas un hasard. Pour écrire une belle phrase à la plume, il me faut plusieurs heures. Pour reprendre contact avec mes outils, puis pour préparer les encres et le support, pour retrouver un mouvement fluide du poignet en noircissant des dizaines de pages, pour me détendre (la main ne doit pas trembler) et enfin, quand toutes les conditions sont réunies, pour réaliser la version finale. Tout en sachant qu'il n'y a pas de possibilité de reprendre une erreur, et qu'il faut tout faire en une seule fois (d'un jour sur l'autre, le style n'est jamais exactement le même). Cette lenteur est de plus en plus rare de nos jours, elle en devient presque un luxe. On veut bien laisser libre cours à son sens artistique, mais il faut que ce soit rapide, il faut pouvoir contempler le résultat immédiatement. Souvent au prix de la qualité.

J'aime lire la presse écrite, lentement, devant un café ou une bière. Ca prend beaucoup plus de temps que la simple écoute d'un bulletin d'informations à la radio ou que de regarder le journal télévisé, mais c'est tellement plus riche. Contrairement à ce que disent beaucoup de gens, lire n'est pas un acte passif. On tombe sur une phrase un peu alambiquée, une démonstration complexe? Pas de problème, il suffit de reprendre sa lecture un peu plus haut, en essayant de plus se concentrer. De plus, quand on lit, l'imagination fonctionne à plein, puisqu'aucune image imposée ne vient interférer et perturber la réflexion.

On nous dit toujours qu'il faut achever rapidement ses études, pour pouvoir chercher du travail le plus vite possible. Qu'il ne serait pas bon de trainer dans diverses facs ou écoles pendant des années. Je ne suis pas d'accord. La meilleure façon de s'enrichir, de se cultiver, d'apprendre, c'est de laisser sa curiosité suivre son cours. Vous êtes chimiste, et vous vous intéressez à la peinture? Faites donc un an aux Beaux-Arts, ça ouvrira votre esprit asséché par des années de sciences. Vous avez envie d'apprendre le russe? Trouvez-vous une bourse et partez à Moscou, même si votre cursus universitaire se trouve interrompu. Et puis allez savoir: peut-être vous aimerez tellement cette ville que vous y resterez toute votre vie.

Les publicitaires sont très forts pour vous empêcher de réfléchir, et vous faire consommer dans la précipitation. Qui croit encore que la pub est là pour nous informer? Au contraire, elle ne sert qu'à vous manipuler, à vous interdire de comparer calmement tel produit avec tel autre. Le publicitaire doit vous forcer à acheter tout de suite son produit. Ne soyez pas pressés, ça vous évitera bien des mauvaises surprises.

   

Pour être franc, j'ai volé le titre de cette page à un excellent bouquin, sorte de guide technique et philosophique du voyage maritime en cargo. Il est clair que le jour où je partirais pour longtemps en Amérique Latine, je ne prendrais pas l'avion, mais un vrai cargo bien lent, pour que la transition se fasse en douceur (15 jours!), que j'ai le temps de réfléchir, de me documenter sur ma destination, de me préparer au choc culturel. Je n'aime pas beaucoup les voyages trop rapides, sorte de téléportation immédiate d'un univers à l'autre. J'apprécie les heures et les jours passés à regarder le paysage et les gens changer très doucement à travers les vitres d'un train ou d'une voiture, les villes et les frontières défiler. Pour ainsi dire, j'aime recevoir dans mon corps et dans mon esprit la dimension physique des kilomètres parcourus.

Pour terminer, jetons un oeil sur le web. Voilà bien un média sur lequel tout va trop vite. Le Net ne servira pas comme support de diffusion de la culture. J'ai cru un moment à cette utopie, j'en suis revenu. Parce que les gens n'aiment pas rester deux heures sur le même site web. Ils n'ont pas appris la lenteur. Il leur faut des trucs qui bougent, qui partent dans tous les sens, des pages que l'on peut zapper à volonté. Je ne me fais aucune illusion: cette page est l'exemple type des pages qui ne sont pas lues.

 

 Et bien  cette page passionnante a été lue...et même trés lentement.
                                                                                                               LVN

                                     VOS  COMMENTAIRES SONT LES BIENVENUSSUR LE BLOG LVN

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Publié dans Société

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